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 Don't you remember

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Camille Delcourt

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MessageSujet: Don't you remember   Sam 14 Mar - 16:22

Teodora && Timothy
Don't you remember

 Le destin a parfois de drôles de tours en réserve et il nous les dévoile au moment où l'on s'en attend le moins. La journée n'avait pourtant pas commencé sous les meilleurs auspices. Loin de là. Elle fut si longue que je ne pensais jamais en arriver à bout. Mes clients d'aujourd'hui, un couple d'éternels insatisfaits, multipliaient les visites sans qu'aucune maison ne trouvent grâce à leur yeux. Ils trouvaient toujours quelque chose à redire et semblaient même prendre un malin plaisir à dénigrer ces somptueuses maisons. Leur litanie médisante devint rapidement un bourdonnement perpétuel aussi bien douloureux pour mes oreilles que mes nerfs, ainsi misent à rude épreuve. Le jardin était trop petit. La chambre des enfants pas assez spacieuse. Le salon manquait de clarté... Et j'en passe des meilleurs. Mon sourire commercial visé aux lèvres, je tentai, non sans mal, de leur ouvrir les yeux sur le cachet authentique des maisons, sans guère y parvenir. Intérieurement, je maudissais mon collègue Josh pour m'avoir refilé ces deux spécimens. Je n'avais jamais encore rencontré de pareils chieurs. Mais il faut bien un début à tout, n'est-ce pas ?

Enfin le silence tant attendu s'abattit sur moi lorsque je claquai la portière de ma Mazda décapotable. Je soufflai en me passant la main sur le visage. Lundi il allait falloir remettre ça, mais en attendant je fis le vide dans mon esprit. On était vendredi soir, le week end me tendait les bras, je n'avais pas envie de le gâcher avec des pensées négatives.
Un rapide tour à la salle de sport s'imposait, si je voulais oublier les frustrations de la journée. C'était devenu une habitude, un rituel pour me purifier autant l'esprit que le corps.

Ce soir là, je me donnais à fond, même si je savais que mes efforts seraient récompensés par une série de courbatures le lendemain. Qu'importe, ce serait de la bonne douleur, pensais-je sous la douche, brûlante, dans le vain espoir de soulager mes muscles endoloris.
Avant de quitter les lieux, je saluai rapidement Clarence, mon coach, déjà occupé à sculpter le corps élancé d'une magnifique scandinave.

A l'extérieur, le temps s'était gâté. De gros nuages menaçant vinrent obscurcir le ciel. Je regagnai mon véhicule à la hâte. Autour de moi les badauds aussi écourtèrent leur promenade. L'heure n'était plus à la flânerie, la pluie risquait belle et bien de tomber d'une minute à l'autre.

Ce temps maussade ne me dérangeait pas plus que cela. A l'inverse des piétons imprudents pressés de rentrer chez eux. Moi, j'ai toujours apprécié la pluie. Particulièrement ces derniers jours, car elle réveillait en moi la nostalgie de mon pays. Et la pluie quand vous êtes anglais, vous avez rendez-vous avec elle près de cent dix jours dans l'année.

Mais ma rêverie prit fin précipitamment lorsqu'une femme déboula sur la chaussée, juste devant mes roues. D'instinct, j'écrasai la pédale de frein et braqua à droite. Mon cœur fit un douloureux bond dans ma poitrine, tandis que le hurlement du caoutchouc brûlé emplit l'habitacle.

Les mains tremblantes, je sortis en trombe du véhicule. Je ne l'avais pas heurté de plein fouet, c'était là ma seule certitude puisque mon pare-brise était resté intact. Néanmoins je l'aperçu assise sur le bitume, ses mains serrés contre son genou droit. Je grimaçai en me demandant s'il s'agissait là d'un méchant ecchymose ou d'une blessure plus sérieuse.

"Ca va ? Vous n'avez rien ?" Lui demandai-je la voix emplie d'appréhension.

Ce fut lorsque je m'agenouillai à ses côtés que je regardai véritablement pour la première fois. Et là, je cru voir un fantôme surgit du passé. Mes grands yeux azurs s'écarquillèrent devant cette rencontre inattendue.

"Théodora..." soufflai-je.



Dernière édition par Camille Delcourt le Sam 14 Mar - 23:10, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Don't you remember   Sam 14 Mar - 22:07

Teodora && Timothy
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J'avais passé la journée à l'extérieur de la ville. un des partenaires était venu de New-York pour me rencontrer. cette fois-ci, il ne voulait pas envoyé un de ses sbires pour faire le travail. je me suis fait une bonne journée. un contrat revu à la hausse grâce à mon talent de manipulatrice et de séductrice. mon compte va bien se remplir et j'en souris encore. maintenant, il va falloir que j'augmente ma réserve d'armes pour pouvoir le fournir. j'ai un contact en Chine qui sera capable de me trouver ce que je désire. j'aime ces journées qui sont si fructueuses. ça me donne la pêche et aucune envie d'aller dormir. je connaissais bien le partenaire mais j'avais tout de même emmener Noam avec moi. je peux compter sur lui pour être discret et pour sortir les armes si ça se passait mal. une sureté car ça aurait parfaitement pû être au piège pour me liquider. je n'ai jamais trouvé celui qui avait mis en place mon kidnapping et ma torture, ça aurait pû être lui. il était l'un des plus importants partenaires de mon père, je ne pouvais être sur de rien. aujourd'hui, je peux dire qu'il est de même pour moi. si ça continue de cette manière, on fera de très bonnes affaires ensemble. nous avons toujours de personnes comme ça dans un business. c'est dans ses moments que je sais que je suis faite pour ça, que je peux y arriver et être au niveau de mon père. « dépose-moi là .» dis-je en me tournant vers Noam. je ne lui ai pas encore parlé du fait que j'ai déposé mes valises chez Kris. je ne sais pas ce qu'il penserait de ça. il connait un peu le truc sans vraiment le connaitre. il me fait mon regard de protecteur. il gare la voiture sur le côté. j'ouvre la porte et me glisse hors de la voiture. j'ouvre le coffre mais c'est Noam qui attrape mon sac pour me le donner. il m'énerve quand il me prend pour une gamine. je jette mon sac sur mon épaule, vérifie que j'ai bien remis mon arme dans ma poche. elle est bien là. « faut que tu arrêtes. bonne nuit .» je l'embrasse sur la joue. j'avance et me retourne au bout de quelques pas, il est toujours là. c'est pas possible. c'est étrange quand on sait que nous sommes meilleurs amis alors qu'on est totalement différent. nous ne sommes pas vraiment l'opposé. je tourne dans une ruelle. au moins, il ne me suivra pas. il ne verra pas où je me rends. je marche tranquille encore sous l'extase de ma journée parfaite. et oui, j'avoue que ce genre de journée est parfaite. le temps est bien devenu noir d'un seul coup. un temps de pluie. je ne peux pas dire que je déteste la pluie. non, je déteste le fait d'avoir les vêtements trempés à cause de l'eau. c'est ça qui me dérange. je me mets à trottiner légèrement pour essayer de ne finir pas trop tremper. je ne fais pas attention et BOUM ! c'est le choc. j'avoue que je ne regardais pas où j'allais pourtant ce n'est pas une raison pour me foncer dessus. il va falloir que je me méfie. il va falloir que je fasse attention, ça pourrait être un tueur qui cherche à me liquider comme mes parents. je suis suspicieuse souvent. plus souvent qu'auparavant. je m'écrase sur le sol et tourne légèrement sur le sol. si je regardais assez, j'aurais pû l'éviter, j'aurais pu faire en sorte d'éviter cette voiture. je suis assez agile d'habitude. en même temps que je chute, je vois mon arme qui débaroule de son côté. ma têtee cogne légèrement le goudron humide et mon genou droit s'est brulé. rien de grave. j'ai eu le droit à bien pire que ça. ce n'est que du coton. je vois un pieds sortir de la voiture, c'est avec vitesse que je tends mon bras pour attraper mon arme et la cacher dans ma veste. je ne bouge plus, me tenant le genou. je suis en train de jouer à la pauvre fille. car ça ne me fait même pas mal. je pourrais parfaitement me relever et prendre mon chemin. je veux voir d'abords qui se cacher derrière ce chauffard fou. « ça va ? vous n'avez rien ? » comme si ça pouvait aller dans ce genre de situation. il vient tout de même de me rentrer dedans en voiture. ce n'est pas rien. j'aurais pu avoir pire qu'une légère égratignure à la tête et au genou. j'aurais pû me cogner la tête contre le trottoir, j'aurais pu finir à l'hôpital. « vous êtres un grand malade. je vous conseille de repasser votre permis. » me mis-je à crier. j'étais en colère d'avoir été heurter de cette façon. les gens de la ville pensent que je suis un ange et ils doivent continuer à s'imaginer que ça soit le cas. ils n'ont pas le droit de se rendre compte que derrière le visage d'ange, il y a une diablesse. plus ils croiront à ma sensibilité, plus ils ne s'imagineront pas que je suis à la tête d'un trafique d'armes. la police n'a pas à pointer le bout de leur nez ici. plutôt le FBI parce que la police, c'est si facile de les contrôler. vous trouvez toujours un truc pour les arranger et les avoir dans votre poche. je vois ses chaussures, je le vois s'agenouiller près de moi. je relève la tête et regarde le visage du jeune homme. au vue de la surprise dans ses yeux, il est surpris de me voir. « Teodora. » il connait même mon prénom. je fais le tour dans mon esprit, je réfléchis. je cherche. comment il peut connaitre mon prénom alors que moi je n'arrive pas à en mettre un sur son visage, je n'arrive même pas à me rappeler de lui. nos chemins ont bien du se croiser à un endroit. ce n'est pas un partenaire. ça ne peut être qu'un homme qui a connu mon lit. quand j'y pense la plupart ne connaissait pas mon prénom. je cherche encore. ça fait tilt dans ma tête. comme les dessins animés quand une ampoule s'allume au-dessus de la tête d'un personnage. je vois maintenant. je l'ai croisé bien loin d'ici. ce n'était pas à New-York. non, c'était de l'autre côté de l'océan. c'était en Angleterre. mon père m'avait envoyé là-bas pour récupérer des armes. je m'étais retrouvé dans un pays que je connaissais pas. j'avais fini dans un bar. je l'avais choisi au hasard. et le hasard avait fait que je tombe sur ce blondinet aux yeux bleus. après plusieurs verres dans le nez, j'avais craqué pour lui. on avait fini dans le même lit. comme à mon habitude, je n'étais pas resté au petit matin. j'avais quitté la chambre sur la pointe des pieds. je ne reste jamais. je pars tout le temps ou je mets à la porte la personne, tout dépend de l'endroit où je suis. maintenant, il fallait que j'essaye de retrouver son prénom. des prénoms typiquement anglais me viennent en tête. William. non. George. Non. Alexander. Non. Adam. Non. Timothy. ça me dit quelque chose. Teodora réfléchis un peu. j'essaye de me rappeler la soirée. du moment où il m'aurait dit son prénom. je crois que c'est ça. « Timothy ? » si c'est pas ça, je vais passer pour une idiote. et en même temps, je m'en fous. j'ai une bonne excuse d'avoir été sous l'emprise de l'alcool. et puis, il doit se rendre compte que je ne suis pas très pour les attaches au vue du faite que je me suis enfuie un peu comme une voleuse. je me redresse et passe le dos de ma main sur mon front afin d'enlever un maximum de sang.

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MessageSujet: Re: Don't you remember   Sam 14 Mar - 23:04

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 J'étais plongé dans ses yeux noisettes où je lisais de l'incompréhension. Je l'avais reconnu sur le coup, mais visiblement, elle avait plus de mal à se souvenir de moi. A moins que ce soit le choc de l'accident, quoique j'en doutais très fortement puisqu'elle avait été à même de me crier dessus en m'incombant l'entière responsabilité. Oui bien sûr, c'est pas comme ci elle avait surgit d'entre deux voitures garées le long du trottoir sans regarder. Elle était parfaitement lucide. C'était juste qu'elle n'arrivait pas à placer de nom sur le visage qu'elle voyait. Cela me blessa légèrement, mais il aurait été absurde d'espérer l'inverse. Après la nuit fougueuse que nous avions partagé, la belle s'était éclipsée au petit matin sur la pointe des pieds. Elle n'avait rien laissé à mon attention. Pas de mots. Pas de numéro. Absolument rien. Que le vide de ses draps froissés du côté où elle reposait. Et des souvenirs. Des images du bref moment que nous avions partagé. Son parfum. Soudain ses yeux s'agrandirent et elle sembla se souvenir de cette nuit à Londres. Elle souffla mon prénom, Timothy, avec tout de même une pointe d'incertitude dans la voix. Mais en ce moment précis, je m'en souciais guère. Elle se rappelait, c'était déjà ça. Je lui offris un mince sourire, hésitant, car je venais tout de même de la renverser. Ce n'était ni le lieu, ni le moment espéré pour des retrouvailles.

"Montre-moi ta blessure au genou. Tu peux te relever ou pas ?" lui demandai-je tout en examinant le choc qu'elle avait reçu à la tête.

Un sentiment de culpabilité m'envahit. En dix ans de conduite, je n'avais jamais eu le moindre accident et il avait fallu que je l'écrase elle. La seule femme forte et indépendante qui avait croisé ma route. Celle qui avait tout de même un peu brisé mon ego de mâle en partant sans prendre la peine de me dire au revoir. Nul doute que son visage avait continué de me hanter un certain temps. Son visage et ses merveilleuses courbes féminines, rajoutai-je tout en me sermonnant.

Sans attendre une réponse de sa part, je la relevai avec précaution et l'aidai à marcher vers la voiture, gentiment mais fermement à la fois.

"J'habite à deux pas. Je te propose d'aller chez-moi afin que je puisse désinfecter et panser tes plaies. Si tu préfères, je peux aussi te raccompagner chez toi, mais je partirai pas avant que tu ai reçu des soins. C'est de ma faute, je me sens responsable."

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MessageSujet: Re: Don't you remember   Dim 15 Mar - 22:15

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il avait un visage d'ange, il n'avait rien du bad-boy que j'aimais côtoyer. puis il avait ce côté purement anglais. ce petit accent quand il parlait. en même temps, une semaine loin de New-York, je ne pouvais pas rester dans la chambre d'hôtel qui n'avait rien de petite. j'avais tout le luxe nécessaire. lit king size, immense baignoire, une vue sur tout Londres. je n'avais pas à me plaindre. cependant, ce n'est pas mon genre de rester enfermer. la nuit, j'ai besoin de me défouler, j'ai besoin de m'amuser. j'ai besoin de m'envoyer en l'air. disant adieu à mes journées à la prison, il fallait que je me libère de ce poids. il fallait que je trouve la gentillesse à travers la gente masculine au lieu de toute la brutalité que j'avais avec lui. un peu douceur dans ce monde brut. et si je me rappelle bien, c'était le cas. le moment avait été délicat et je l'avais été aussi. aucune violence dans mes gestes. rien. ça me ressemblait pas. mais parfois, ça fait du bien de changer pendant une nuit surtout que l'endroit m'est inconnu. je pouvais bien faire ce que je voulais, je ne retrouverais pas ses personnes. il n'y a aucune chance pour qu'ils viennent à New-York. et pourtant voilà que je suis au milieu de l'Arkansas et que je tombe sur lui. le hasard nous fait tomber sur des personnes dont on se doutait pas. j'espère qu'il n'a pas remarqué ma surprise quand il m'a dit mon prénom. en même temps, j'étais surprise et surtout je comprenais pas vraiment la chose. ça ne fait pas longtemps que je suis à Silmoa donc je sais parfaitement qui je connais et qui je ne connais pas. mais maintenant que je vois exactement qui sait, ça va mieux. j'ai l'impression d'avoir plus de contrôle. quand je sortais le prénom qui me revenait en tête, il ne dit rien. alors ça devait bien être ça. son prénom était bien Timothy. j'avais une bonne mémoire en fin de compte sur les hommes que je côtoyais. j'étais en colère qu'il me renverse. il aurait pû faire plus attention. je vais rentrer chez moi encore avec de nouvelles blessures. de nouvelles cicatrices. comme si je n'avais pas assez. « montre-moi ta blessure au genou. tu peux te relever ou pas ? » ma main toujours sur mon genou, j'appuyais assez fort afin de faire arrêter le saignement. il croyait pouvoir faire quoi. la seule chose que je devais mettre dessus, c'était un bon désinfectant et un petit bandage. et le tour est joué. pas besoin d'en faire tout un bordel. c'est juste de la peur et rien de plus. je n'ai pas vraiment eu peur. j'aurais juste aimé ne pas mourir de cette façon. ce n'est pas une belle mort pour une trafiquante d'armes. c'est trop banal de mourir fauchait par une voiture. je retire la main de mon genou. « je vais bien. c'est juste une égratignure. je peux me relever tout de seule. » lui dis-je assez sévèrement. il ne sait rien de ce que je ais vraiment dans la vie. je laisse pas n'importe qui savoir que je fais une chose illégale. pourtant s'il savait que j'ai déjà eu bien pire comme blessure. des balles perdues, de la torture et j'en passe. une petite égratignure, c'est juste le baba quand on vend des armes. depuis mes seize ans, je joue avec le feu, avec le danger. je n'ai jamais eu peur de rien. ni de personne. à quoi bon avoir peur. avoir peur, c'est une faiblesse. malgré ce que je viens de dire, il m'aide. il est têtu celui-ci. je n'aimais pas qu'on prenne pour une gamine. je n'aime pas qu'on me prenne pour un petit ange qu'on a besoin de prendre soin. les filles n''ont pas l'habitude de se tirer au petit matin. d'habitude, c'est les hommes qui le font. je n'ai pas peur de l'avis que je donne. on se rend très vite compte que je ne suis pas aussi simple que les autres filles, que je ne suis pas aussi gentille et angélique. j'ai un sale caractère et je ne perds pas le nord. je sais ce que je veux. je sais ce que je ne veux pas. je sais ce que je suis. « j'habite à deux pas. je te propose d'aller chez moi afin que je puisse désinfecter et panser tes plaies. si tu préfères, je peux aussi te raccompagner chez toi, mais je partirais pas avant que tu es reçu des soins. c'est de ma faute, je me sens responsable. » j'avais peut-être une nuit avec lui mais ce n'est pas pour autant que je vais y retourner aussi facilement. je connais pas grand chose de lui en fin de compte. on n'a pas vraiment parlé la dernière fois. on a plus agit qu'autre chose. en même temps, je ne cherche jamais à connaitre l'histoire d'un homme. surtout un homme que je verrais certainement qu'une fois. il veut que j'aille chez lui. certainement pas. mais voilà qu'il me parle de me raccompagner chez moi. alors c'est encore pire. aucun homme ne me ramène chez moi. surtout que ce n'est pas chez moi mais chez Kris. j'imagine déjà la tête de Kris et surtout la colère qu'il y aura. c'est la dernière chose à faire. pour le bien de Timothy, il ne faut mieux pas qu'il vienne jusqu'à chez moi. je sais de quoi est capable de Kris et je sais à quel point, il peut être jaloux. il risque d'être encore plus en colère, s'il apprend que c'est l'un des hommes que je me suis envoyé. apparemment, il est sûr de ses propos. il veut rester jusqu'à que mes blessures soient soignés. il ne me laissera pas avant que ça soit le cas. il faut donc que j'opte pour la solution la plus facile, la solution normale. « on va chez toi. » je ne vais pas lui expliquer que je vas lui demander de me raccompagner et surtout qu'il sache où j'habite. je retourne à l'endroit où je suis tombé pour prendre mon sac qui se trouve toujours sur le goudron mouillé. je ne vais pas laisser un sac avec des liasses de billet à l'intérieur et trois-quatre armes que j'avais pris pour montrer. je garde mon sac près de moi et monte dans sa voiture du côté passager. je n'ai pas encore envie qu'il m'aide comme tout à l'heure. je me glisse à l'intérieur du véhicule et avant que Timothy soit derrière le volant, je range rapidement mon arme dans mon sac. j'attends qu'il démarre avant de me tourner vers lui. « ce n'est pas parce que je monte dans ta voiture, qu'il va se passer quelque chose. je préfère le dire avant. je connais les hommes, ils s'imaginent toujours des tonnes de trucs. » je tourne jamais autours du pot. un autre truc qui me caractérise bien. je croise ma jambe valide sous mes fesses. je me demande bien dans quel genre d'endroits, il habite. un grand truc, un petit truc. la simplicité ou l'excès. je ne sais même pas quel métier, il fait. je sais que deux trucs sur lui : son prénom et son pays. c'est tout. en ce qui me concerne, il ne connait que mon prénom. et ça devra rester comme ça. moins il en sait, mieux sait. moins on en connait sur l'illégalité, plus on est protégé. c'est mieux d'être dans le néant. « qu'est-ce qu'un anglais fait en plein milieu de l'Arkansas ? » lui demandais-je.

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MessageSujet: Re: Don't you remember   Lun 16 Mar - 0:53

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La jolie brune sembla peser le pour et le contre de ma proposition. Je la regardai réfléchir à toute vitesse. Ses sourcils légèrement froncés devant le dilemme auquel je l'avais soumise inconsciemment. J'aurais peut-être dû lui proposer de l'accompagner à la pharmacie, tout simplement. Mais quelque chose dans son attitude m'en avait dissuadé. Or si j'avais expliqué à la pharmacienne ce qui nous amenait, elle aurait probablement insisté à ce que Teo  passe une radio. Et nous aurions très probablement passé le restant de la nuit aux urgences à attendre qu'on daigne s'occuper de nous. Parce que les professionnels de la santé sont comme ça, ils ne prennent jamais aucun risque. Mais au moment où j'allais tout de même le lui proposer, Teo arrêta son choix. « on va chez toi. » me répondit-elle tout en se dégageant de mon emprise. Je la laissai faire et l'observai silencieusement ramasser son sac qui était tombé lors de la collision. Elle me fit à nouveau face et me dépassa pour aller s'installer côté passager. Je la regardai faire tout en haussant un sourcil. J'étais à la fois intrigué et amusé par son comportement. A sa place, beaucoup de femmes auraient apprécié être le centre d'attention d'un homme avenant. Néanmoins ça n'avait pas l'air d'être le genre de Teo. Le ton sec qu'elle venait d'employer le démontrait très bien. Elle pouvait marcher toute seule et tenait à me le faire savoir. Sa rudesse me fit tiquer. Ce n'était pas la femme dont je me souvenais. La femme dont je me rappelais n'avait été que douceur. Mais la connaissais-je vraiment ? Après tout je ne savais rien d'elle. Juste son prénom. Nos chemins s'étaient croisés l'espace d'une nuit et ensuite chacun avait repris le cours de son existence. Qu'importe, j'étais bien décidé à lui administrer des soins. Autant pour elle que pour moi. Pour ma conscience surtout. Car j'étais loin de ressembler à l'image du mec sage que je me donnais. J'avais fais de mauvaises choses dans la vie. J'avais commis des actes égoïstes, des actes illicites, mais laisser une femme blessée sur le bord de la route, c'était franchement le genre de truc auquel je ne pouvais me résoudre. « ce n'est pas parce que je monte dans ta voiture, qu'il va se passer quelque chose. je préfère le dire avant. je connais les hommes, ils s'imaginent toujours des tonnes de trucs. » M'avertit-elle, voulant tout de suite mettre les choses au clair alors que je démarrai la voiture.« C'est sûr. Tu aurais peut-être préféré que je t'abandonnes sur la chaussée, la tête et le genou en sang. Ça aurait bien marqué nos retrouvailles... Écoute. Ce que tu as fais …. Je ne t'en tiens pas grief. Je ne peux pas te reprocher ce que j'ai moi-même fais par le passé. » Dehors la pluie continua à tomber dru. J'allumai les essuie-glace dans l'espoir de chasser l'eau qui cognait vigoureusement contre le pare-brise. La maison n'était plus très loin désormais, nous avions dépassé la zone commerciale, juste quelques rues nous séparaient de mon habitation. « qu'est-ce qu'un anglais fait en plein milieu de l'Arkansas ? »
« Je... » Sa question me prit un instant au dépourvu. Que pouvais-je lui dire ? Sûrement pas la vérité. Je me voyais mal lui annoncer que je m'étais installé dans ce trou perdu dans l'unique but d'échapper à la froide vengeance d'un investisseur qui avait tout perdu par ma faute. Ma faute et celle de Rick. Mais Rick ne faisait plus parti de ce monde. Marco l'avait refroidi en lui collant une balle en pleine tête. Moi je m'étais empressé de prendre le large. J'avais trop à perdre dans cette histoire. Si les flics londoniens ratissaient large, je pouvais tomber pour escroquerie, détournement de fonds et délit d'initié. J'avais tout laissé derrière moi et vivait désormais sous de faux papiers. Timothy Meyers avait disparu de la circulation. Sur ma nouvelle carte d'identité on pouvait lire le nom de Stanley Reynolds, banal employé sans histoire. Mais en même temps, essayer de lui pondre un mensonge aurait été insultant envers elle. Teo est une femme intelligente. Rien de ce que j'aurais pu lui dire occulterait le fait que Siloam Springs est une bien piètre ville à côté de Londres. Puisqu'elle le savait pertinemment, elle s'y était rendue.
« C'est compliqué, à vrai dire. Et je n'ai pas envie de m'étendre dessus. »
Je fus véritablement soulagé de voir la résidence pavillonnaire se profiler à l'horizon. Nous étions arrivé. Je garai ma Mazda décapotable sur mon bateau. J'aurais bien ouvert la portière à ma charmante passagère si je ne savais déjà pas qu'elle risquait de mal le prendre. Ma maison avait été construite en bois, dans un style contemporain avec de grandes baies vitrées qui donnaient essentiellement sur la terrasse et le jardin, éclairés par divers spots lumineux. Soudain des aboiements joyeux se firent entendre derrière la porte alors que nous nous engagions vers l'entrée. « Ah ! Moka nous a entendu. J'espère que tu n'as pas peur des chiens. De toute manière, il n'est pas méchant, juste un peu turbulent. C'est une vraie crème ce labrador. » J'ouvris la porte pour tomber de suite nez à nez avec Moka qui s'empressa de me montrer son affection. Distraitement je lui tapotai gentiment la tête tout en invitant Teo à entrer. Mon chien se détourna alors de moi pour aller faire la connaissance de l'inconnue que je lui ramenais. « Dans ton panier », lui ordonnai-je, sans hausser la voix, tandis que j'accompagnai mon invitée jusqu'au salon. La pièce était moderne, spacieuse et richement décorée, comme toutes les autres pièces de la maison. Je n'y habitais pas depuis longtemps, mais je m'y sentais chez-moi et c'était déjà là une petite victoire. J'invitai Teo à s'asseoir sur le large sofa, tandis que je m'affairai à ouvrir les plateaux de la table basse afin d'y sortir deux verres, diverses canettes ainsi qu'un bol d'apéritif sec. « Fais comme chez-toi » , lui dis-je d'une voix chaleureuse.« Je farfouille dans mon armoire à pharmacie et je reviens avec le nécessaire »



Dernière édition par Camille Delcourt le Mer 18 Mar - 15:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Don't you remember   Mar 17 Mar - 15:35

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je ne pouvais pas m'empêcher de voir le pour et le contre. je ne sais même pas pourquoi je faisais ça. c'était idiot. j'aurais pû parfaitement l'envoyer sur les roses. et faire en sorte de rentrer toute seule. ça aurait été la chose la plus raisonnable à faire et la moins idiote. c'est jamais très bon d'accepter d'aller chez quelqu'un, surtout quand ce quelqu'un à déjà été l'une de vos conquêtes. je suis capable de me maitriser. j'ai réussi à le faire depuis un mois. pourquoi je craquerais si facilement maintenant. je suis capable d'encore résister à la tentation. je ne voulais en aucun cas qui m'amène à l'hôpital ou chez un médecin. je ne vais jamais chez un professionnel. c'est en dehors de mes principes et puis ça pourrait attirer les regards. mon corps est assez marqué. les marques sur mes cuisses et quelques blessures d'anciennes balles. ils ouvriraient un dossier et j'aurais le droit à tout un tas de protocoles que je ne veux pas. je suis ici pour ne pas attirer le regard du FBI et qu'on ne rende pas compte que je suis la fille de Teodor Macek. je ne veux pas être la reine ou la princesse. je ne veux pas qu'on me tienne la main comme une gamine de douze ans. je ne veux pas qu'on s'occupe de moi comme si j'étais incapable de le faire. je me suis très bien débrouillée toute seule depuis aujourd'hui alors pourquoi je devrais faire autrement. pourquoi je changerais. je vais toute seule dans sa voiture. ça surement le surprendre de me voir ainsi. je ne joue pas à ce jeu-là quand je séduis. je joue plutôt le rôle de la fille qui demande de l'attention, celle qui est gentille, calme et qui parle délicatement. je joue à la fille que je ne suis pas. je suis loin d'être ainsi. je suis même tout le contraire. j'aime être celle qui est au commande, j'aime être sûre de moi, cruelle et manipulatrice. je l'avertis. je l'avertis parce que je sais comment ça s'est fini la dernière fois et je sais que les hommes ne sont pas des idiots. je sais qu'ils ont toujours des envies et qu'ils ne diront jamais non à une partie de jambes en l'air. « c'est sûr. tu aurais peut-être préféré que je t'abandonnes sur la chaussée, la tête et le genou en sang. ça aurait bien marqué nos retrouvailles... écoute. ce que tu as fais... je ne t'en tiens pas grief. je ne peux pas te reprocher ce que j'ai moi-même fais par le passé. » ce n'est pas en me laissant sur la chaussée que j'aurais pû mourir. ce n'est que deux petites blessures. je vais bien. je n'ai pas de vertiges, je n'ai pas envie de vomir. je serais très vite remis. demain, ça sera déjà de l'histoire ancienne, les blessures auront très bien cicatrisées. quand Kris va me voir débarquer avec deux nouvelles cicatrices, il va vouloir savoir. je devrais lui dire que c'est à cause du rendez-vous et que j'y suis allé un peu trop fort alors que je n'aurais pas dû. si je lui dis que je me suis fais renversé en voiture, il voudra tuer celui qui a fait ça et encore plus s'il apprend que c'est l'une de mes conquêtes. il est de nature jaloux, très jaloux. il parle de notre nuit. il ne me tiens pas rigueur par rapport à ce que j'ai fait. ça me fait sourire. j'ai l'impression qu'il me voit pas comme je suis. il doit imaginer que je suis la gentille petite fille. s'il savait de quoi je suis capable, il ne dirait pas la même chose. « tu es loin de me connaître, Timothy. et puis, ce n'est pas un peu de sang qui peut me tuer. je te rappelle qu'on a passé qu'une seule nuit ensemble. » j'aime en savoir plus. je suis curieuse, j'aime en savoir plus sur les gens. surtout s'il décide d'aller dans un autre continent, de traverser un océan pour aller s'isoler dans un petit village. je regarde par la fenêtre, la pluie tape dans une cadence monotone. de quoi endormir n'importe qui. j'attends qu'il me réponde. « je... » je l'ai pris au dépourvu. e qui veut dire qu'il y a bien quelque chose qui la poussait à venir ici, à changer d'endroit. je n'en sais pas plus. peut-être qu'il va laisser passer quelques secondes puis il parlera. on a toujours une bonne raison de s'éloigner de l'endroit o on vit. moi aussi j'ai quitté New-York. mes parents sont morts à New-York. c'était difficile de rester là-bas. et ce n'était pas seulement à cause de la tristesse, c'était aussi de la police qui me recherchait. dès l'instant où mes parents ont été annoncé morts, la police a pris notre maison. ils voulaient me coincer moi sachant que j'étais celle qui prendrait les rênes de l'entreprise. cependant, je ne voulais pas aller dans un endroit où je ne connaissais personne. j'ai donc recherché Kris et c'est ici que je l'ai trouvé. « c'est compliqué, à vrai dire. et je n'ai pas envie de m'étendre dessus » je ne vais pas chercher à savoir. tout le monde a des secrets, tout le monde n'a pas forcément envie de parler de certaines choses. il gara sa voiture. nous étions arrivés à destination. j'ouvrais ma portière n'attendant pas qu'il le fasse. la maison était tout en bois. un style tout à fait différent de l'endroit où je vis en ce moment. des aboiements ce sont entendre. je fais une grimace. « ah ! Moka nous a entendu. j'espère que tu n'as pas peur des chiens. de toute manière, il n''est pas méchant, juste un peu turbulent. c'est une vraie crème ce labrador.» ce n'est pas que j'ai peur des chiens. je suis allergique à leurs poils. c'est affreux ce que ça peut me faire. je me rappelle la première fois où j'ai eu le droit à une crise et où on a découvert que c'était à cause d'un chien. mon père avait accepté de m'emmener chez une copine. à dix ans, vous avez envie de faire des soirées pyjamas, de rigoler, de manger des popcorns.... elle s'appelait Naomi. elle me disait depuis une semaine qu'elle devait absolument me faire voir quelque chose, que je serais sous le charme. j'ai été sous le charme quand cette petite boule de poile blanche à couru vers nous. j'ai toujours aimé les animaux. je n'ai pas pu m'empêcher de le prendre dans mes bras, de l'embrasser, de le caresser. seulement quelques secondes et puis je me suis mise à tousser. c'était de pire en pire. j'ai fini aux urgences. depuis cet instant, j'évite les chiens. je n'ai pas envie d'avoir une crise. je le suis. il ouvre la porte et le chien débarque. pourvu qu'il ne vienne pas vers moi. mais comme tous les chiens, il ne peut pas s'en empêcher. et voilà que je me mets à éternuer. heureusement, le chien prend directement le chemin de son panier quand son maitre le lui dit. ça va. je ne finirais pas aux urgences. j'éternues une dernière fois en entrant dans son salon. je me laisse tomber sur le canapé. je le regarde mettre des choses sur la table. à boire et à manger. le parfait hôte. « fais comme chez toi. je farfouille dans mon armoire à pharmacie et je reviens avec le nécessaire.» je fais un signe de la tête et je le regarde partir. quand je suis chez quelqu'un, je suis assez curieuse. je me lève et fait un tour du salon regardant un peu partout autours de moi pour voir ce qui peut avoir d'intéressant. rien de glorieux. je regarde mon genou. j'ai quand même abîmer mon pantalon en tombant. je ne vais pas pouvoir soigner cette blessure en le gardant. c'est avec précaution que je le retire. le sang a déjà légèrement séché et collé au tissus mais j'y arrive tout de même; heureusement que je ne porte jamais de sous-vêtement de provocant. ceux d'aujourd'hui sont comme un maillot de bain. ça ne montre rien. à part mes jambes. je me rassois sur le canapé alors que Timothy revient. « si tu n'as pas trouvé de désinfectant, du whisky fera l'affaire. »
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Camille Delcourt

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MessageSujet: Re: Don't you remember   Mar 17 Mar - 17:41

Teodora && Timothy
Don't you remember

Je pris une poignée de seconde pour trouver ce qu'il me fallait dans l'armoire à pharmacie. La mienne était tellement ordonnée qu'elle ferait sûrement de l'ombre à celle d'une infirmière. Toutes mes boîtes de médocs étaient là, rangées consciencieusement par grandes famille de médicaments. Antalgiques, anti-inflammatoires, antibiotiques... Ah, antiseptiques ! Je me mis sur la pointe des pieds pour chopper une corbeille en osier dans laquelle je mis diverses choses à l'attention de Teo. A mon retour, Moka leva la tête vers moi mais resta assis sagement dans son panier. Je lui fis signe de rester où il était. C'était préférable car je n'avais pas manqué d'entendre la série d'éternuements de mon invité. Et à part mon chien, je ne voyais pas à quoi elle pouvait être allergique. Ma maison était entretenue, j'avais payé les services d'une femme de ménage pour m'assurer qu'elle le resterait. J'aimais la propreté, j'aimais rentrer le soir chez-moi et sentir l'odeur de la fleur d'oranger un peu partout ; dans le salon, sur mes draps, sur mes vêtements. En revanche, j'avais en horreur le ménage et je détestais par dessus tout faire le repassage. A vingt ans quand je vivais en colocation, j'étais le genre de gars à ramener ma corbeille de linges sales en même temps que je rendais visite à ma mère. Aujourd'hui, je n'avais pas beaucoup changé puisque je déléguais toujours ces tâches ingrates. Teo s'adressa à moi alors que je traversai le salon. « si tu n'as pas trouvé de désinfectant, du whisky fera l'affaire. »  Du whisky ? Sérieusement ?! A ma connaissance il n'y avait que les militaires ou les mafieux qui utilisaient de l'alcool comme antiseptique. Cependant je me gardai bien d'extérioriser ma pensée. Plus les minutes s'écoulaient en sa compagnie et plus je prenais conscience du gouffre qui nous séparait. Comme si nous n'appartenions pas au même monde. Mais loin d'en éprouver de la tristesse, cela attisa ma curiosité à son égard. Je retrouvai Teo sur le canapé, à l'endroit où je l'avais laissé. Elle avait retiré tant bien que mal son pantalon, arrachant quelques croûtes de sang séchées qui s'étaient remises à saigner le long de ses jambes nues. Elle avait eu raison un peu plus tôt dans la voiture. Je n'étais qu'un homme et il était difficile pour nous de faire taire ces pulsions lorsque nous étions soumis à la tentation. La vue de ses jambes bronzées interminablement fines et longues raviva en moi la flamme de mes souvenirs. Néanmoins à la lumière crue du salon, je ne manquai pas de remarquer les vilaines marques qu'elle portait aux cuisses. Ces marques m'interpellèrent. Est-ce que tout son corps n'était que blessures et cicatrices ? Cette réflexion me recentra sur l'instant présent. « J'étais sur le point de te dire que le spray pique un peu. Mais si tu as pour habitude de mettre de l'alcool sur tes plaies, ça devrait aller. » lui dis-je d'un ton mi-ironique mi-amusé. Et avant de commencer les soins, je lui tendis quelques granules que je fis glisser dans sa main. « C'est de l'arnica. Laisse les fondre sous ta langue. Ça atténuera tes ecchymoses. Quand je faisais de la boxe, je m'en bourrais. Littéralement. Je peux t'affirmer que ça marche. » Puis je pris du coton et entrepris de nettoyer le sang qui coulait de sa blessure, avant de remonter jusqu'à la plaie et d'y faire pression afin que le sang coagule. J'avais posé un genou à terre pour travailler plus efficacement. Mais mes mains ne s'attardèrent pas plus que nécessaire sur ses jambes. Je travaillai juste vite et bien et déposai des pansements transparents aux endroits que je jugeai pertinents. Lorsque je relevai la tête pour lui offrir un sourire, mes yeux azurs croisèrent les siens. Ils n'étaient pas noirs, non, comme j'avais pu le penser dans un premier temps. Quand ils captaient la lumière,ils prenaient cette jolie couleur noisette que j'affectionnais tant. Ils étaient vifs et d'une brillance peu commune. Je me demandai alors ce que Teo pensait de moi. M'avait-elle choisi au hasard comme ça ? Parce que j'avais été le type le plus beau du bar ? Ou est-ce qu'elle avait été attiré par quelque chose en particulier chez-moi ? Je n'arrivai pas à déchiffrer son regard et c'était en grande partie ce qui faisait son charme. Cette part de mystère. Comme le revers d'une pièce de monnaie. Je grimaçai en apercevant la vilaine bosse qui se formait au niveau de sa tempe, à l'endroit où sa tête avait heurté le bitume. « Je peux ? » Lui demandai-je tout en tendant la main pour repousser une gênante mèche de cheveux derrière son oreille. Mon geste avait été lent, intentionnellement, afin de lui donner le temps de réagir si elle ne voulait pas de ce contact. « Si je n'avais pas freiné à temps, je t'aurais renversé. Et tu serais probablement morte. Je sais pas trop ce que j'aurais fait. J'aurais sûrement sombré dans l'alcool. Pour oublier... J'ai fais des choses dont je ne suis pas très fier. Mais tuer quelqu'un, ça ne fait pas encore parti de la liste. » Puis je me levai et passai une main dans mes cheveux comme pour chasser ces mauvais souvenirs. « Du froid dessus, ça te soulagerait. Je vais te préparer un cataplasme. Quand j'étais en voyage d'affaire à Beijing, mon homologue chinoise m'avait concocté un onguent pour ma cheville foulée. Au début, je l'avais regardé faire d'un œil sceptique, mais au final c'était remarquable. L’œdème s'était vite résorbé. Tu es partante ? Sinon je peux juste me contenter de mettre du whisky dessus. » la taquinai-je pour lui voler un sourire.
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